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    Pensée

     

    Parfois, un arbre humanise mieux un paysage que ne le ferait un homme -

    [Gilbert Cesbron]

     

    Pensée

     

    J'ai trop le désir qu'on respecte ma liberté pour ne pas respecter celle des autres

    Françoise Sagan

     

    Du prophète

     

     

    L’amour ne donne rien que de lui-même et ne prend que de lui-même.

    Il ne peut posséder et ne peut être possédé.

    Car l’amour suffit à l’amour.

    Lorsque vous aimez, ne dites pas : « Dieu est en mon cœur. »

    Dites plutôt : « Je suis dans le cœur de Dieu. »

    Et ne croyez pas que vous puissiez diriger le cours de l’amour.

    Car si l’amour vous trouve digne, lui-même guidera votre cœur.

     

    Mais si vous aimez et devez éprouver des désirs, que ceux-ci soient les votres :

    Fondre en un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit. Connaître la douleur d’un flot de tendresse.

    Être blessé par votre propre perception de l’amour ; et laisser couler votre sang volontairement et joyeusement.

    Vous réveiller à l’aube avec un cœur ailé et rendre grâce à Dieu pour cette nouvelle journée d’amour.

     

    Khalil Gibran

     

    Ralentis ton rythme

     

    RALENTIS TON RYTHME

     

     

    As-tu déjà observé les enfants jouer sur un carrousel ou écouter la pluie tomber sur le toit ?

     

    Déjà suivi un papillon volant  gaiement ou bien admirer un coucher de soleil ? Tu devrais t'y arrêter.

     

    Ne danse pas trop vite car la vie est courte. La musique ne dure pas éternellement.

     

    Est-ce que tu cours toute la journée, toujours pressé(e) ?

     

    Lorsque tu demandes " Comment ça va? ", est-ce que tu prends le temps d'écouter la réponse ? Lorsque la journée est terminée, est-ce que tu t'étends sur ton lit avec 100 000 choses à faire qui courent dans ta tête ? Tu devrais ralentir.

     

    As-tu déjà dit à ton enfant " nous le ferons demain ", et de le remettre au surlendemain ? As-tu déjà perdu contact avec un ami, laissé une amitié mourir parce que tu n'avais jamais le temps d'appeler pour dire bonjour ? Tu ferais mieux de ralentir, ne danse pas trop vite car la musique cessera un jour.

     

    La vie est si courte. Lorsque tu cours si vite pour te rendre quelque part, tu manques la moitié du plaisir d'y être. Lorsque tu t'inquiètes te fais du souci toute la journée, c'est comme un cadeau non ouvert que tu jetterais.

     

    La vie n'est pas une course, tu dois ralentir ton rythme, prends le temps d'écouter la musique avant que la chanson ne soit terminée.

    L'horoscope de la semaine

     

    Votre Signe

    Une semaine brillante comme vous les aimez...


    Lundi, Claire, le trigone Lune/Saturne dans le secteur de vos finances ainsi que celui de vos projets vous donne un sérieux coup de pouce. Il peut s'agir de l'acceptation par votre banquier d'une demande de financement. Quoi qu'il en soit la journée est faste. Mardi, la Lune entre en Cancer et vous propose de vous reposer gentiment sur vos lauriers afin de savourer votre bonheur et votre réussite en compagnie de votre partenaire et/ou de vos enfants. Mercredi, la Lune en conjonction à Mars vous donne envie de rafraîchir votre intérieur ou même carrément de déménager. Jeudi, la Lune entre dans votre signe et vous rend d'humeur amoureuse et tendre ; votre partenaire va apprécier ! Vendredi, le trigone Lune/Vénus apporte de la gaieté dans votre vie amicale. Fou rire en perspective. Samedi, la Lune en Vierge ramène un petit soucis financier ou comptable que vous allez devoir régler ce week-end avant de pouvoir vous offrir une jolie sortie..

     

    A fêter, bientôt !

     

     

    Sainte Catherine

    Le 25 Novembre, jour de la Sainte Catherine, est le jour des Catherinettes. On y fête les jeunes filles de 25 ans qui ne sont pas encore mariées.
    La tradition veut qu'elles portent un chapeau extravagant aux tons jaunes et verts confectionné pour ou par elles, à leur image. Quelle est l'origine de cette tradition ?


    Découvrez la vie incroyable de Catherine d'Alexandrie, sainte, martyre et docteur de l'Eglise.
    Née à Alexandrie au sein d'une famille noble, Sainte Catherine se convertit au christianisme à la suite d' une vision. Jésus, ému par sa ferveur, contracte avec elle un mariage mystique sous les yeux de Marie et de la Cour céleste.
    Très intelligente, elle suit les cours des plus grands maîtres chrétiens et on dit qu'elle réussit à démontrer à 50 grands philosophes d'Alexandrie la vanité des idoles et la fausseté de leur foi, jusqu'à les convertir tous.

    Impressionné, l'empereur Maxence lui propose un mariage royal, qu'elle refuse par fidélité envers son mari mystique. Humilié, l'empereur lui fera subir le supplice de la dislocation des membres sans succès, puis le supplice de la roue duquel elle sort indemne. Elle finira décapitée le 25 Novembre 307 et deviendra la seule Sainte du paradis à posséder trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des docteurs et la rouge des martyrs.
    Sainte Catherine est aujourd'hui la patronne des filles à marier, mais aussi des théologiens, philosophes, orateurs, notaires, étudiants, meuniers, plombiers, tailleurs ...

    La tradition de Sainte Catherine remonte au Moyen âge. A l'époque, les filles de 25 ans qui n'étaient pas encore mariées revêtaient des tenues et des chapeaux extravagants et se rendaient en cortège devant une statue de Sainte Catherine pour la parer de fleurs, rubans, chapeaux ... Elles coiffaient Sainte Catherine dans l'espoir de trouver un mari !

    A l'origine, la Sainte Catherine était la fête des filles de 25 ans qui n'étaient pas mariées.
    Elles allaient au bal et celles qui voulaient trouver un mari se mettaient un chapeau complétement fou sur la tête. Elles y accrochaient des objets jaunes et verts pour se faire remarquer.

    Dans le nord de la France les jeunes filles s'envoient ce jour la des cartes de la Sainte Catherine pleines de souhaits et de doux espoirs.

     

    L'horoscope de la semaine

     

    Retour d'une personne du passé...


    Lundi, Claire, la Lune entre en Poissons dans votre maison solaire VIII et pourrait vous amener à faire des projets quelques peu démesurés. Vous ne serez guère objectif et aurez tendance à vous bâtir des châteaux en Espagne. Mardi, la conjonction Pluton/Jupiter, si vous êtes célibataire, annonce un tournant majeur dans votre vie sentimentale. Le retour d'un être du passé pourrait bien vous chambouler et vous faire voir l'amour d'un oil nouveau. Mercredi, la Lune entre en Bélier dans votre maison solaire IX et vous oblige à vous déplacer pour venir en aide à un proche en difficulté. Jeudi, l'opposition Lune/Vénus vous met en garde contre la trahison possible d'un de vos amis qui pourrait vous décevoir au plus haut point, vous qui êtes si loyal. Vendredi, la Lune entre en Taureau dans le secteur de votre vie professionnelle et vous permet d'asseoir votre position ou de décrocher un emploi fixe. Samedi, l'opposition Lune/Soleil vous réserve un week-end chargé durant lequel vous n'aurez guère l'occasion de vous reposer.

     

    Je me permets

     

     

    De m'exprimer... c'est la clé de l'authenticité,
     
    De me tromper... c'est un signe d'humilité,
     
    De risquer... c'est un pas vers la liberté,
     
    De dire non... c'est un gage de d'affirmation,
     
    De m'isoler... c'est le seuil de l'intériorité,
     
    D'écouter... c'est l'itinéraire de la vérité,
     
    De m'interroger... c'est l'éclaircie de l'incertitude,
     
    De dire la vérité... c'est le miroir de la transparence,
     
    De m'émouvoir... c'est l'ouverture à l'émerveillement,
     
    De pleurer... c'est l'éclosion de la sensibilité,
     
    De rire... c'est l'apanage de la joie,
     
    De chanter... c'est le palliatif de la tristesse,
     
    De prier... c'est l'abreuvement à la source
     
    De pardonner... c'est l'ultime pas vers la libération,
     
    De remercier... c'est l'amorce vers la gratitude,
     
    De rêver... c'est l'ascension vers la réalisation.

     

    Il ne faut pas avoir peur

     

     

    J'avais peur d'être seul, jusqu'à ce que...
    J'ai appris  à m'aimer moi-même.
     
    J'avais peur de l'échec, jusqu'à ce que...
    Je me suis rendu compte que j'échouais si je n'osais pas.
     
    J'avais peur que l'on me repousse, jusqu'à ce que...
    J'ai compris que je devais croire en moi-même.
     
    J'avais peur de la douleur, jusqu'à ce que...
    J'ai appris qu'elle était nécessaire pour grandir.
     
    J'avais peur de la vérité, jusqu'à ce que...
    J'ai découvert la laideur des mensonges.
     
    J'avais peur de la mort, jusqu'à ce que...
    J'ai appris qu'elle n'était pas une fin mais un commencement.
     
    J'avais peur de la haine, jusqu'à ce que...
    Je me suis rendu compte quelle n'était pas autre chose que de l'ignorance.


    J'avais peur du ridicule, jusqu'à ce que...
    J'ai appris de rire de moi-même.
     
    J'avais peur de vieillir, jusqu'à ce que...
    J'ai compris que je gagnais en sagesse, jour après jour.
     
    J'avais peur de ce que les gens pensaient de moi, jusqu'à ce que...
    Je me suis rendu compte que de toute façon elles auraient une opinion de moi.
     
    J'avais peur du passé, jusqu'à ce que...
    J'ai compris qu'il ne pouvait plus me blesser.
     
    J'avais peur de l'obscurité, jusqu'à ce que...
    J'ai vu la beauté de la lumière d'une étoile.
     
    J'avais peur du changement, jusqu'à ce que...
    J'ai vu que même le plus beau papillon devait passer par une métamorphose.
     
    Que nos vies soient chaque jour plus riches, et si nous nous sentons défaillir...
    N'oublions pas qu'à la fin, il y a toujours quelque chose de plus

     

    Je craque !

     
      
     
      
     
    Brassée de douceur
     
     

    Pensée

     
     
    A ta naissance tout le monde rit, et tu es le seul à pleurer.
    Conduit ta vie de façon à ce qu'à ta mort tout le monde pleure et que tu sois le seul à sourire -
     Confucius
     

    Pensée

     

    "...En somme la beauté est partout.
    Ce n'est pas elle qui manque à nos yeux,
    ce sont nos yeux qui manquent à l'apercevoir..."

     

    Il n'y a pas d'amour heureux

     

     

    Rien n'est jamais acquis à l'homme. Ni sa force
    Ni sa faiblesse ni son coeur. Et quand il croit
    Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
    Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
    Sa vie est un étrange et douloureux divorce
    Il n'y a pas d'amour heureux

    Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes
    Qu'on avait habillés pour un autre destin
    A quoi peut leur servir de ce lever matin
    Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
    Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes
    Il n'y a pas d'amour heureux

    Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
    Je te porte en moi comme un oiseau blessé
    Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
    Répétant après moi les mots que j'ai tressés
    Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
    Il n'y a pas d'amour heureux

    Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
    Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
    Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
    Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
    Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
    Il n'y a pas d'amour heureux

    Il n'y a pas d'amour qui ne soit douleur
    Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
    Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
    Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
    Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
    Il n'y a pas d'amour heureux
    Mais c'est notre amour à tous les deux

    Poème de Louis Aragon chanté par Georges BRASSENS

     

    Balade

     

    Je goûte au silence du matin
    Dans la courbe tendre du chemin
    La rosée perle de son écrin
    Dans un chaud soleil de juin.

    Mon regard pénètre émerveillé
    Au coeur de ce vallon
    Où se dresse en toute beauté
    La cime fière du Bric Berchet.

    Je goûte à l'arôme délicat
    Des fleurs qui guide mes pas
    Tandis que se perche du haut des mélèzes
    Une odeur parfumée de sève

    Le chemins enlace la pente
    Se blottit au creux du ravin
    Le torrent dans le lointain chante
    Sous une pluie d'éclats cristallins

     

    Je ne suis qu'une goutte d'eau

     

    Chaque jour qui passe, je me dis

    Allez ! tu vas bien pouvoir écrire en ce jour !

    Et non, toutes les excuses sont bonnes

    Manque de temps, manque d'envie

    Pas de création... rien

    Du temps de mon premier espace, j'étais disserte

    J'écrivais, je racontais des histoires

    Et là comme un moulin à qui il manque un ressort

    Je me sens..

    Point triste non non, ni désemparée

    Seulement là plus rien à dire

    Cela interresse encore quelqu'un de me lire ?

    Je ne crois pas...

    Donc je vais refermer doucement la porte de cet espace

    Pendant un temps..

     

    L'horoscope du jour

     


    Vous arrivez à une période charnière de l'année où l'activité énergétique est en pleine effervescence, Claire. Vous vous agitez dans tous les sens pour boucler la multitude d'actions que vous menez en simultané. Il n'y a que vous pour arriver à mener à bien tant de choses à la fois ! Plus vous en faites et mieux vous vous sentez. Quelle vitalité ! Et en plus de cela, vous arrivez à être rayonnante... Chapeau bas !

     

    Hello

     
     
     
    Belle et douce journée à tous..
     
     

    L'horoscope du jour

     

    Aujourd'hui, Claire, vous êtes transformée en un réceptacle d'énergie qu'il serait bon de dépenser dans toutes sortes d'activités. Vous avez en stock de quoi finir les corvées en attente et ranger la maison de la cave au grenier ! Prévoyez de sortir prendre un café en terrasse avec une copine pour vous changer les idées ! Quoi que vous fassiez, dépensez votre énergie. Mais ne restez surtout pas assise à tourner vos pensées dans tous les sens jusqu'à les rendre sans queue ni tête !

     

    Hommage

     

    L'insurrection de la bonté - L'abbé Pierre
    « Dites leur d’écrire : il a essayé d’aimer. », répondit l’abbé Pierre quand on lui demanda ce qu’il voudrait qu’on inscrive sur sa tombe.

    "L'abbé Pierre, fondateur des compagnons d'Emmaüs, est mort lundi matin 22 janvier, à l'âge de 94 ans, à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce, où il était hospitalisé depuis le 14 janvier.
    "L'abbé Pierre est mort cette nuit à 5 h 25 au Val de Grâce entouré de quelques proches", a indiqué Martin Hirsch, président d'Emmaüs France. "L'infection pulmonaire pour laquelle il avait été hospitalisé après une amélioration tout au long de la semaine l'a finalement emporté".
    Il avait fondé la première communauté Emmaüs en 1949. En février 1954, il avait lancé un appel resté célèbre sur les ondes de Radio-Luxembourg en faveur des sans-abri."
    Extrait Le Monde 22.01.07

    L'appel de 1954

    Voici le texte de l'appel de l’abbé Pierre du 1er février 1954, à 1 heure du matin sur Radio Luxembourg :

    "Mes amis, au secours...

    Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée...

    Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu.
    Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !

    Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots :
    « TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS,
    ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »

    La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.

    Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !

    Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :
    • 5000 couvertures,
    • 300 grandes tentes américaines,
    • 200 poêles catalytiques

    Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

    Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.

    Merci !"

    « Alors cette France là régit d’une façon inouïe à l’appel de cette voix chaude et vibrante. Un raz de marée de générosité va déferler de Dunkerque à Marseille, de Brest à Strasbourg. « L’insurrection de la Bonté » s’écriera l’Abbé Pierre.

    Le hall de l’hôtel Rochester est empli en quelques heures d’un amoncellement incroyable de dons les plus divers. Ce ne sera pas un coup de cœur d’un jour : 20 000 personnes y défileront en un mois. Le Tout-Paris et le tout-venant.
    Des élégantes, accourues en limousine, offrent bijoux et manteaux de fourrure ; des ménagères, des employés déposent des piles de paquets de pâtes, de riz, de chocolat, de boîtes de conserve ; des ouvriers ploient sous des monceaux des literie ; des intellectuels, des artistes se précipitent, chéquiers en main.
    Dans la cohue, un homme tend gauchement à l’abbé Pierre un pli contenant 1 million de francs d’alors : « je suis assez laid pour que vous me reconnaissiez un jour », bougonne le comédien Michel Simon, le chanteur Charles Trenet achète et offre pour 1,75 million un portrait du fondateur d’Emmaüs peint par Rouaut. Un matin, l’occupant de la chambre 412, QG d’Emmaüs à l’hôtel Rochester mis à disposition par une généreuse propriétaire, Mme Larmier, est appelé à l’hôtel Crillon. Un homme, petit, sourire grave, presque intimidé, lui remet 2 millions en liquide : « je ne les donne pas, je les rends. Ils appartiennent au vagabond que j’ai été et que j’ai incarné. Ce n’est que le juste retour des choses », explique Charlie Chaplin.
    De toutes les régions affluent colis alimentaires, vêtements, chaussures, couvertures, bois de chauffage, poêles, mobilier : 300 tonnes au total. Le hall de la gare d’Orsay doit être réquisitionné. Des camions de l’armée et de grands magasins sont affrétés pour une « opération débarras » : militaires, cadres, commerçants, étudiants se proposent comme manutentionnaires, caves et greniers sont vidés. La « récolte » est vendue aux enchères.
    Des collectes sont organisées dans les usines et les bureaux. Dans les rues de la capitale, des compagnons d’Emmaüs coltinent des lessiveuses, où les passants jettent pièces et billets. Des milliers d’ouvriers font des heures supplémentaires dont ils reversent les gains. Des vedettes et des administrateurs de spectacles donnent cachets et recettes. Par dizaines de milliers, des chèques plus ou moins modestes, glissés dans un courrier de 300 000 lettres, parviennent rue La Boétie. De gros chèques aussi, signés Charles de Gaulle, Vincent Auriol (qui vient de laisser le fauteuil Elyséen à René Coty) Yves Montand, cardinal Liénart, reine Elisabeth de Belgique… Avisée, une banque ouvre un guichet dans le hall de l’hôtel de Rochester.

    Début mars, l’abbé Pierre et son équipe disposent d’une somme inespérée, intimidante : un demi-milliard de francs. Il se faufilera inévitablement quelques aigrefins. Mais des dizaines de familles à la dérive revivent, des centres d’hébergement s’ouvrent dans les grandes villes. A Paris, trois stations de métro restent ouvertes la nuit. (…)

    Cette « insurrection de la bonté », sans précédent, a été sans équivalent depuis, même si Coluche et ses Restos du cœur ont suscité un mouvement de solidarité plus durable. A l’occasion du 40è anniversaire de son pathétique appel, l’abbé Pierre était contraint de lancer, le 1er février 1994, un semblable cri d’alarme médiatique. Crise économique, chômage, exclusion : des hommes et des femmes mouraient encore de froid en France. Quelque chose avait changé : les « couche-dehors » étaient devenus des « sans-domicile fixe »…
    Extrait Le Monde Carnet du 23/01/07

     

    « Il y a 50 ans, tous sortaient à peine des atrocités de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits historiques comme celui-là.» L'Abbé Pierre.

    L'abbé Pierre était un homme, tout simplement, avec ses souffrances et ses doutes. Il aura consacré sa vie entière à l'aide aux plus démunis. Un engagement de tous les instants. Certes, il était homme d'église, de foi, mais avant tout il était un homme de coeur.